100e anniversaire de la République tchécoslovaque

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L’année 2018 est une année très spéciale pour la République tchèque suite aux évenements historiques de ce pays. Cette année la République tchèque va commémorer et célébrer le centenaire de la création de la République tchécoslovaque (1918), le cinquantenaire du Printemps de Prague (1968) ainsi que d’autres dates importantes (1938 l’occupation allemande, 1948 la prise du pouvoir par le parti communiste). Tous ces événements sont des étapes importantes de l’histoire de la République tchèque qui ont contribué à former l’identité nationale des Tchèques.

Histoire

Les origines

Tchèques et Slovaques formèrent au Xe siècle un Etat (Grande-Moravie), vite disloqué, la Slovaquie tombant sous la coupe des Hongrois. Le royaume de Bohême, créé au XIe siècle, eut pour roi un Habsbourg à partir de 1526. Il demeura dans l’orbite de l’Autriche-Hongrie jusqu’en 1918.

L’Etat unitaire

Le démembrement de la monarchie austro-hongroise en octobre 1918 permit la formation d’un Etat réunissant Tchèques et Slovaques de nouveau. Tomáš Garrigue Masaryk présida jusqu’en 1935 la république de Tchécoslovaquie. La question des minorités (3 millions d’Allemands en Bohême et en Moravie, 700 000 Hongrois en Slovaquie, 500 000 Ruthènes, soit un tiers de la population de l’époque) opposa la Tchécoslovaquie à L’Allemagne, à l’Hongrie et à la Pologne. Aussi, Edvard Beneš (ministre des Affaires étrangères puis successeur de Masaryk) posa, dès 1921, les bases de la Petite-Entente avec la Yougoslavie et la Roumanie, et signa un pacte d’alliance avec la France (1924).

L’occupation allemande

L‘arrivée de Hitler au pouvoir (1933) accentua l’agitation de Allemands des Sudètes, conduits par Karl Henlein. La France et La Grande Bretagne cédant à Hitler (Munich, septembre 1938), celui-ci occupa les Sudètes et soutint la Pologne et la Hongrie, qui s’approprièrent d’autres territoires. En mars 1939, il fit de la Slovaquie un Etat indépendant sous la tutelle allemande et de la Bohême-Moravie un protectorat soumis à un dur régime ; la Hongrie annexa la Ruthénie. Le gouvernement formé en exil (Londres) par Beneš en 1940 revint après la libération du pays par les Soviétiques (1944-1945).

Les débuts de la Tchécoslovaquie socialiste

Le frontières primitives furent restaurées (mais l‘URSS annexa la Ruthénie), le Allemands de Sudètes et de très nombreux Hongrois furent expulsés. Obtenant 38% des voix en 1946, le Parti communiste étendit son emprise. La démission, en février 1948, des ministres «bourgeois » (remplacés par des communistes) permit au Parti communiste de faire voter en mai 1948 « coup de Prague »une Constitution qui transformait l’Etat en une démocratie populaire (devenue une républiaue socialiste en 1960) ; la Slovaquie perdait son autonomie (retrouvée en 1969) ; toute opposition, notamment celle du clergé catholique, fut combattue, et le PC fut épuré par des procès staliniens en 1949 – 1954.

Le printemps de Prague et la normalisation

L’accession de Dubček à a direction du parti en janvier 1968 et de Svoboda à la présidence de la république en mars 1968 permit le « printemps de Prague «, libéralisation que l’URSS anéantit : le 20 août 1968, les troupes du pacte de Varsovie envahirent le pays.  La « normalisation « s’effectua rapidement ; à la tête du parti, Dubček fut remplacé (avril 1969) par Gustav Husák, qui en 1975, succéda à Svoboda comme président de la république. Une opposition démocratique s’organisa chez les intelectuels.

La fin de la Tchécoslovaquie

En novembre 1989, de grandes manifestations populaires provoquèrent la destitution des responsables de la normalisation. En décembre 1989 Havel devenait président de la république.

La montée du nationalisme slovaque en Tchécoslovaquie entraîna en juin 1992 des négociations entre les dirigeants slovaque et tchèque qui ont abouti le 1er janvier 1993 à la partition de la Tchécoclovaquie en deux Etats : la république de Slovaquie et la République tchèque.