Cathédrale Saint-Guy

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La cathédrale telle qu’elle apparaît aujourd’hui est le résultat de plus d’un millier d’années d’évolution architecturale.

C’est l’une des plus magnifiques synthèses de l’art merveilleux du moyen âge.

 

À l’origine de la cathédrale, il y a un fait aux environs de l’an 925, par le roi de France orientale, Henri l’Oiseleur qui a offert au duc Venceslas Ier, une relique de Saint Vit et que celui-ci place dans une église en forme de rotonde qu’il fait édifier à cet effet sur un lieu de culte païen.

 

Lorsqu’en 973, Prague est élevée au rang d’évêché c’est cette rotonde qui est choisie par le nouvel évêque pour y abriter sa chaire, le trône épiscopal.

 

En 1344, Prague est élevée au rang d’archevêché par le pape Clément VI et sous l’impulsion du roi Jean de Luxembourg, la construction d’une cathédrale métropolitaine est entreprise le 21 novembre de la même année.

Le maître venu d’Avignon, Mathieu d’Arras,commença en 1344 l’édification de cet admirable monument. Peut-être dans sa pensée le voulait-il semblable aux cathédrales du Midi, et plus particulièrement celle de Narbonne, la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne.

 

Sa mort, survenue en 1352 ne lui permit de construire que la partie inférieure de l’abside, qui se distingue par une grande pureté de style, la légèreté, l’élancée gracieuse des lignes. Le roi Charles IV fit continuer l’oeuvre inachevée par un jeune architecte souabe, Pierre de Gmunden, formé, dit-on, aux écoles rhénanes. On le surnommait “Le Parleur“.

Ce sobriquet, dont le Tchèques firent Parler, laisse cependant supposer qu’il dut être en relations intimes avec des artistes français.

 

Quoi qu’il en soit, Pierre-le Parleur donne à l’atelier institué par Mathieu d’Arras une remarquable impulsion aussi bien dans l’architecture que dans la statuaire et la sculpture. Il poursuit d’abord la constuction de abside sans rien changer au style de son prédécesseur. Il lance vers le ciel d’élégants piliers qui encadrent les hautes ogives des verrières, mais, arrivé à la voûte, il fait oeuvre de novateur. Il ne se contente plus de l’ogive simple aux nervures croisées. Prolongeant l’arc brisé des fenêtres, ses nervures forment de nouvelles ogives qui s’enchevêtrent et projettent de leur sommet des nervures plus courtes jusqu’à la clef de voûte qui devient ainsi le centre d’une somptueuse étoile.

 

La cathédrale possède de lui, dans sa riche chapelle de Saint-Venceslas, toute fleurie de pierreries, une statue du saint princier d’une réelle beauté. On lui attribue également les gisants du tombeau des Premyslides, ainsi que le buste de Mathieu d’Arras qui figure parmi les ornements  du triforium avec les bustes de Charles IV et de la reine Anne, ce dernier d’une si délicate expression. 

 

Pierre-le-Parleur, son fils Jean et ses continuateurs directs firent preuve de beaucoup de sobriété dans la décoration de leurs architectures. Il n’en fut pas de même chez ceux qui suivirent. Benoît Reit, chargé vers 1490 d’ajouter un oratoire royal à la cathédrale, accrocha à deux piliers une lourde voûte à pendentif et une galerie surchargées l’une et l’autre d’ornements de stuc.

 

Mathieu Rejsek, qui en 1475 construisit la Tour Poudrière, est de la même école, mais il procède avec une autre modération, et demeure fidèle à la pierre.

 

Ainsi, tandis qu’ailleurs éclot la Renaissance, en Bohème se poursuit avec succès le style ogival. Mais quelle étonnante déviation il va prendre! Les nervures se livrent à des fantaisies étourdisaantes. Elles dessinent à la voûte des églises et des palais non plus seulement des étoiles, mais des rosaces extravagantes et des entrelacs d’une complication inouïe.

 

En 1757 Saint-Guy, sérieusement endommagé par l’artillerie de Frédéric II, dut être réparé sous le règne de Marie-Thérèse. Malgré les assauts divers qu’elle eut à subir au temps des guerres et des révolutions, la cathédraale offre toujours à l’admiration, c’est un vrai foyer de l’art ogival en Bohême.

 

Comme pour nombre de cathédrales, le chantier s’étale sur plusieurs siècles; celui de la Cathédrale de Prague ne s’achève qu’en 1929. Le pouvoir impérial s’est désintéressé de Prague et c’est essentiellement grâce à une souscription populaire que le chantier est achevé, à temps pour célébrer le millénaire de saint Venceslas qui la fonda et qui lui donne aussi partiellement son nom.