Vyšehrad

Share

 

Sur le rocher à pic de Vyšehrad, surgissent les deux flèches d’une église gothique dont la modernité voisine et contraste avec des ruines où s’accroche un très lointain passé.

D’après la tradition ce seraient là les vestiges des thermes et du château de la princesse Libuše qui, après avoir gouverné seule le pays, épousa Přemysl, un laboureur avec lequel elle fonda une longue  dynastie.

Vaticinant à ses heures, cette sage princesse aurait prophétisé ainsi la naissance de Prague : “je vois une grande cité dont la gloire atteint jusqu’aux étoiles”.

D’où vient le nom tchèque (Praha) de cette ville brillante que Goethe appelle “une magnifique pierre précieuse dans la couronne de la Terre” ? Vient il du mot práh (seuil) parce que : porte accuillante du pays, ou du verbe pražiti (brûler), la construction de la ville ayant nécessité le défrichement par le feu des colines boisées?

Les historiens nous apprennent qu’une agglomération s’est formée à Vyšehrad, tandis que la vraie ville naissait et se développait plus loin, en face de Hradčany, sur l’autre rive.

La bourgade primitive de Vyšehrad, vraisemblablement construite en bois, comme presque toutes les bourgades slave de l’ancienne période, a totalement disparu. 

Malheureusement, les guerres hussites et les aveugles vengeances de la Contre-Réformation, on détruit un ensemble magnifique, violé la majesté des édifices. Vyšehrad en est une preuve. De l’ancienne cité qui succéda au château de Libuše, nous ne retrouvons, dans l’entassement confus des ruines, comme témoin à peu près intact, qu’une curieuse petite chapelle consacrée à saint Martin : simple rotonde basse surmontée d’un modeste lanterneau. Elle apprtient à ce style roman dont Prague nous fournira encore deux exemples typiques avec les chapelles Saint-Longin et Sainte-Croix.

Cimetière de Vyšehrad et le Slavín

Sur le rocher, près de l’église de Vyšehrad nous entrons dans un cimetière tranquille où, sur un haut catafalque, un génie de pierre nous accueille de ses ailes éployées. Ce somptueux mausolée, c’est Slavín, que la piété nationale a élevé à la mémoire des grands esprits : écrivains, savants,musiciens, artistes, qui ont contribué à la gloire de la Patrie.